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Publié le 21 septembre 2026 · mis à jour le 19 octobre 2026 · 6 min de lecture

Loi APER et document-cadre : quelles terres agricoles peuvent accueillir une centrale solaire au sol ?

Depuis 2023, le photovoltaïque au sol non agrivoltaïque n'est possible que sur des terres incultes ou non exploitées depuis plus de dix ans, cartographiées parcelle par parcelle dans un document-cadre départemental.

Jusqu'en 2023, l'implantation d'une centrale solaire sur une terre agricole se jouait au cas par cas, devant la commission départementale de préservation des espaces naturels, agricoles et forestiers (CDPENAF). La loi APER a posé une règle nationale : le solaire au sol ne doit pas consommer de terres nourricières. Elle distingue désormais deux voies.

Voie 1 : l'agrivoltaïsme, partout en zone agricole

Si la production agricole continue sous les panneaux dans les conditions du décret du 8 avril 2024 (rendement maintenu à 90 % minimum, couverture limitée à 40 %), l'installation est agrivoltaïque et peut s'implanter sur toute parcelle agricole, sous réserve des règles d'urbanisme et de l'avis de la CDPENAF.

Voie 2 : la centrale au sol classique, uniquement dans le document-cadre

Pour une centrale au sol sans activité agricole significative, la loi exige que la parcelle figure dans le document-cadre du département. Ce document ne peut identifier que trois catégories de surfaces :

  • les sols réputés incultes (sols pauvres, caillouteux, pollués, anciens sites d'extraction) ;
  • les surfaces non exploitées depuis plus de dix ans à la date de publication de la loi, soit non cultivées depuis le 10 mars 2013 ;
  • les surfaces déjà considérées comme ouvertes aux projets photovoltaïques.

Le document prend la forme d'une cartographie à l'échelle de la parcelle cadastrale. Il est proposé par la chambre d'agriculture, soumis à l'avis de la CDPENAF, puis arrêté par le préfet. Aucune centrale au sol classique ne peut s'implanter en dehors des surfaces identifiées.

Où en sont les départements ?

Le décret d'application du 8 avril 2024 a lancé l'élaboration des documents-cadres, avec un délai de neuf mois pour les chambres d'agriculture. Les premiers arrêtés préfectoraux ont été publiés fin 2024 et en 2025 (Pyrénées-Orientales, Indre-et-Loire, Meuse, parmi d'autres). Si votre département a publié le sien, vous pouvez vérifier auprès de la chambre d'agriculture ou de la préfecture si vos parcelles y figurent.

Ce que cela change pour un propriétaire

  • Vous avez une friche, une ancienne carrière, une parcelle abandonnée depuis plus de dix ans ? Elle a de fortes chances d'être éligible au document-cadre, donc à une centrale au sol dense, au loyer le plus élevé par hectare.
  • Vos terres sont cultivées ou pâturées ? Le projet devra être agrivoltaïque. Vous, ou votre fermier, continuez à exploiter. C'est la grande majorité des projets actuels.
  • Vos terres ne sont ni l'un ni l'autre (jachère récente, parcelle exploitée il y a cinq ans) ? Le projet sera plus difficile ; un développeur pourra néanmoins étudier une solution agrivoltaïque avec remise en culture ou en pâturage.

Les autres terrains encouragés par la loi

La loi APER pousse par ailleurs le solaire là où il ne gêne personne : parkings extérieurs de plus de 1 500 m² (obligation d'ombrières), délaissés routiers et autoroutiers, friches industrielles, anciennes décharges, plans d'eau artificiels. Si vous possédez ce type de terrain, il n'est pas soumis au document-cadre agricole.

Questions fréquentes

Une parcelle en jachère est-elle considérée comme non exploitée ?

Non, pas automatiquement. Une jachère déclarée à la PAC reste une surface exploitée. Le document-cadre vise les surfaces non exploitées depuis plus de dix ans, c'est-à-dire avant le 10 mars 2013, et les sols réputés incultes.

Comment savoir si ma parcelle est dans le document-cadre ?

Consultez l'arrêté préfectoral et la cartographie publiée par la préfecture ou la chambre d'agriculture de votre département. Un développeur peut aussi faire cette vérification pour vous lors de l'étude de faisabilité.

Mes terres cultivées peuvent-elles accueillir des panneaux ?

Oui, à condition que le projet soit agrivoltaïque : l'activité agricole doit rester principale et significative sous les panneaux, selon les critères du décret du 8 avril 2024.

Sources

Les montants de loyer indiqués (3 000 à 5 000 € par hectare et par an, bail de 30 à 50 ans) sont des fourchettes indicatives ; le loyer définitif est fixé dans le bail signé avec le développeur. Cet article ne constitue pas un conseil juridique ou fiscal.

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